Ordonnances Marchés et Concessions : L’Assemblée nationale ratifie les textes tout en introduisant certains changements

L’Assemblée nationale a adopté, ce mardi 14 juin, le projet de loi relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, dite « Loi Sapin 2 ».

L’Assemblée nationale ratifie les ordonnances relatives aux marchés publics (ordonnance n° 2015-899 du 23 juillet 2015) et aux contrats de concessions (ordonnances n° 2016-65 du 29 janvier 2016) et leur confère ainsi une valeur législative (articles 16 bis et 16 ter du projet de loi).

L’Assemblée nationale autorise le Gouvernement à adopter, dans les 24 mois, un code de la commande publique rassemblant l’ensemble des règles relatives aux différents contrats de la commande publique, notamment celles contenues dans les ordonnances Marchés et Concessions tout juste ratifiées. Cette disposition est  prévue à l’article 16 du projet de loi.

Toutefois, un amendement est déposé pour limiter le recours aux marchés de conception-réalisation. Alors que l’article 33 de l’ordonnance relative aux marchés publics subordonnait le recours à ces marchés à de simples motifs d’ordre technique ou d’efficacité énergétique, le projet de loi en interdit le recours si le projet ne présente pas « une complexité technique, notamment au regard de dimensions exceptionnelles et de difficultés techniques particulières à sa réalisation »(article 16 ter A du projet de loi).

En outre, le projet de loi étend le champ du délit de favoritisme prévu à l’article 432-14 du code pénal à l’ensemble des contrats de concession et non plus seulement aux délégations de service public (article 10 du projet de loi).

De plus, le projet de loi modifie l’article L. 1411-5 du CGCT en obligeant les commissions d’appel d’offre à s’assurer que le soumissionnaire à une convention emportant délégation de service public est apte « à assurer la continuité du service public et l’égalité des usagers devant le service public » (article 16 quinquies du projet de loi).

Le processus législatif se poursuit, le texte sera examiné à son tour par le Sénat.

À lire également

Droit de la commande publique
Conflit d’intérêt : pas de correction possible quand l’impartialité de la procédure est compromise
Dans cet arrêt du 3 avril 2026 (n° 510005), le Conseil d’Etat consacre une conception particulièrement exigeante de l’impartialité, allant...
Droit de la commande publique
Biens de retour : application du principe à l’immeuble détenu par un tiers lié au concessionnaire
Dans un arrêt du 4 mars 2026 (n° 511285), le Conseil d’État apporte des précisions sur le régime des biens...
Droit de la commande publique
CCAG-TIC : pas de réclamation sans chiffrage justifié et détaillé
Par un arrêt du 3 mars 2026 (n° 500923), le Conseil d’État apporte des précisions importantes sur la notion de...
Droit de la commande publique
Délégation de service public : interdiction de favoriser le délégataire sortant
Par une ordonnance du 24 février 2026 (n° 2601075), le tribunal administratif de Versailles a rappelé qu’une autorité concédante ne...
SENSEI avocats distingué dans le classement des meilleurs cabinets d'avocats de FranceEn 2026, SENSEI avocats est distingué pour la cinquième année consécutive dans le classement du magazine Le Point « des meilleurs Cabinets d’avocats de France ».