Marchés publics : L’office du juge des référés précontractuels et l’analyse des candidatures des personnes privées candidates à un marché public

Dans un arrêt du 4 mai 2016, le Conseil d’Etat a précisé l’office du juge des référés précontractuels en matière d’analyse des candidatures des personnes privées candidates à un marché public.

Un candidat évincé a saisi le juge des référés précontractuels du Tribunal administratif de Nantes d’une demande tendant à l’annulation de la procédure d’attribution d’un marché de prestations de conseil en énergie auprès des particuliers engagée par une communauté de communes.

Le juge des référés du Tribunal administratif de Nantes a fait droit à cette demande et a annulé la procédure à compter de l’examen des offres, au motif « qu’il n’entre pas dans la mission statutaire de l’agence départementale d’information sur le logement [ qui est une association loi 1901, et dont l’offre avait été retenue par le pouvoir adjudicateur, ndlr] telle qu’elle est définie par les dispositions des articles L. 366-1 et R. 366-5 du code de la construction et de l’habitation, de délivrer des prestations d’audit et de conseil spécialisé aux particuliers relatives à l’amélioration de la performance énergétique de leur habitat et d’instruction de demandes d’aide financière en vue de l’engagement de travaux à cette fin ».

Saisi d’un pourvoi contre cette ordonnance, le Conseil d’Etat l’annule, au motif que :

« 4. Considérant qu’il n’appartient pas au juge du référé précontractuel, lorsqu’une personne morale de droit privé se porte candidate à l’attribution d’un contrat de commande publique, de vérifier que l’exécution de ce contrat entre dans le champ de son objet social ; qu’il en va toutefois différemment dans le cas où un texte législatif ou réglementaire a précisément défini son objet social et ses missions ».

Le Conseil d’Etat précise ainsi qu’il n’appartient pas au juge des référés précontractuels d’apprécier que les prestations objets du contrat entre le champ de l’objet social d’une personne privée candidate, en dehors des cas ou un texte législatif ou réglementaire a précisément défini son objet social et ses missions.

Pour mémoire, à l’inverse, il convient de rappeler que le juge des référés précontractuels dispose bien de la faculté de contrôler que les prestations objet d’un marché public auquel candidatent des personnes publiquesentrent bien dans leur champ de compétence (CE, 18 septembre 2015, n°390041, Association de gestion du Conservatoire national des arts et métiers des Pays de la Loire et autre) .

Sources et liens

À lire également

Droit de la commande publique
Conflit d’intérêt : pas de correction possible quand l’impartialité de la procédure est compromise
Dans cet arrêt du 3 avril 2026 (n° 510005), le Conseil d’Etat consacre une conception particulièrement exigeante de l’impartialité, allant...
Droit de la commande publique
Biens de retour : application du principe à l’immeuble détenu par un tiers lié au concessionnaire
Dans un arrêt du 4 mars 2026 (n° 511285), le Conseil d’État apporte des précisions sur le régime des biens...
Droit de la commande publique
CCAG-TIC : pas de réclamation sans chiffrage justifié et détaillé
Par un arrêt du 3 mars 2026 (n° 500923), le Conseil d’État apporte des précisions importantes sur la notion de...
Droit de la commande publique
Délégation de service public : interdiction de favoriser le délégataire sortant
Par une ordonnance du 24 février 2026 (n° 2601075), le tribunal administratif de Versailles a rappelé qu’une autorité concédante ne...
SENSEI avocats distingué dans le classement des meilleurs cabinets d'avocats de FranceEn 2026, SENSEI avocats est distingué pour la cinquième année consécutive dans le classement du magazine Le Point « des meilleurs Cabinets d’avocats de France ».