Urbanisme : La cohérence du règlement du PLU avec le projet d’aménagement et de développement durable

Le Conseil d’Etat, dans un arrêt rendu le 2 octobre 2017, a « négativement » précisé la notion de « rapport de cohérence » que doit entretenir le règlement du plan local d’urbanisme (PLU) avec le projet d’aménagement et de développement durable (PADD).

Une cour administrative d’appel avait annulé le refus implicite du Maire opposé à une demande tendant à la convocation du conseil municipal en vue de prescrire la modification du règlement du PLU qui classait l’ensemble d’un secteur en zone agricole en « incohérence » avec l’une des orientations du PADD qui prévoyaient dans celui-ci « des zones d’extension économique et d’équipement nécessitant, au moins partiellement, une urbanisation ».

Le Conseil d’Etat, sur le fondement d’une ancienne version de l’article L. 123-1 du code de l’urbanisme, aujourd’hui partiellement repris à son article L. 151-8, qui dispose que le règlement « fixe, en cohérence avec le PADD, les règles générales et les servitudes d’utilisation des sols », a validé le raisonnement retenu par le juge d’appel.

La Haute Juridiction a effet estimé que « ces dispositions ne se bornent pas à prévoir un simple rapport de compatibilité entre le règlement et le PADD du PLU » et qu’il en résulte que le juge d’appel, « qui n’a pas pour autant exigé la conformité du règlement au PADD », a valablement fondé sa décision.

Il faut relever néanmoins que la Haute Juridiction sous-entend que dans le cas de figure où une autre orientation du PADD aurait justifié le partir retenu, la « cohérence » de ce classement en zone agricole aurait pu être assurée.

Le Conseil d’Etat, sans définir positivement ce qu’est ce « rapport de cohérence » entre le règlement et le PADD, retient donc qu’il est supérieur au rapport de compatibilité mais inférieur à celui de conformité.

Sources et liens

À lire également

Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Non-application du cahier des charges d’un lotissement à une commune cessionnaire des voies et espaces communs
Par une décision du 3 septembre 2026 (Cass. 3e civ., 3 sept. 2026, n° 24-16.968), la Cour de cassation affirme...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Permis de construire : pas de déclassement ni de transfert préalable de propriété obligatoire en cas d’emprise sur le domaine public
Par une décision du 10 août 2026 (CE, 2e chambre, 10 août 2026, n° 505413, Inédit au recueil Lebon), le...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Le Maire peut refuser un permis de construire sans avoir demandé les pièces manquantes
Par une décision du 3 août 2026 (Conseil d’Etat, 3 août 2026, n°497092, publié au recueil Lebon), le Conseil d’État...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Le certificat de permis tacite doit être refusé lorsque l’autorisation tacite a été retirée et ce alors même que ce retrait n’aurait pas acquis un caractère définitif
Par une décision du 13 juillet 2026 (Conseil d’Etat, 13 juillet 2026, 10e et 9e chambres réunies, Société La Fontaine...
SENSEI avocats distingué dans le classement des meilleurs cabinets d'avocats de FranceEn 2026, SENSEI avocats est distingué pour la cinquième année consécutive dans le classement du magazine Le Point « des meilleurs Cabinets d’avocats de France ».