Urbanisme/Contentieux : Qu’est-ce qu’un « bâtiment à usage d’habitation » ?

Aux termes de l’article R. 811-1-1 du Code de justice administrative (CJA) le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort sur les recours contre les permis de construire ou de démolir un bâtiment à usage principal d’habitation, lorsque le bâtiment est implanté en zone dite tendue, c’est-à-dire sur le territoire d’une des communes mentionnées à l’article 232 du Code général des impôts et son décret d’application.

Il en résulte que, dans l’hypothèse susmentionnée, pour toute contestation d’un jugement rendu en dernier ressort par le tribunal administratif il convient de se pourvoir en cassation directement devant le Conseil d’Etat.

C’est dans ce contexte que, dans son arrêt du 20 mars 2017, le Conseil d’Etat est venu préciser la notion de « bâtiment à usage d’habitation ».

Il a, ainsi, jugé que, dans le cas où la construction objet du permis de construire ou du permis de démolir est destinée à différents usages, doit être considéré comme un bâtiment à usage d’habitation « celui dont plus de la moitié de la surface de plancher est destinée à l’habitation ».

Plus précisément dans cette affaire, il était question de la contestation du permis de construire délivré autorisant l’édification d’un immeuble destiné à recevoir dix-huit logements collectifs pour une surface de 997 m² et des bureaux pour une surface de 988 m².

Eu égard à la surface consacrée à la construction de logements, le projet doit donc être considéré comme portant sur un bâtiment à usage principal d’habitation au sens des dispositions précitées de l’article R. 811-1-1.

Dès lors, le jugement par lequel le tribunal administratif a statué sur la demande d’annulation de l’arrêté municipal par lequel le maire a délivré un permis de construire a été rendu en premier et dernier ressort et seul le Conseil d’Etat est compétent pour connaître, en qualité de juge de cassation, du pourvoi formé contre ce jugement.

Sources et liens

À lire également

Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Le certificat de permis tacite doit être refusé lorsque l’autorisation tacite a été retirée et ce alors même que ce retrait n’aurait pas acquis un caractère définitif
Par une décision du 13 juillet 2026 (Conseil d’Etat, 13 juillet 2026, 10e et 9e chambres réunies, Société La Fontaine...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
L’autorité administrative qui instruit la demande d’autorisation d’urbanisme doit être désintéressée et impartiale
Par une décision du 29 juin 2026 (Conseil d’État, 6ème – 5ème chambres réunies, 29 juin 2026, n° 496823) le...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Les décisions en matière d’autorisation d’urbanisme soumises aux exigences résultant d’un intérêt personnel du maire au projet et au principe d’impartialité
Le Conseil d’Etat a jugé que les décisions prises en matière d’autorisation d’urbanisme sont cumulativement soumises au respect de l’article...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Démolition impossible si mise en conformité réalisable et acceptée
Par une décision du 18 juin 2026 (Cass. 3e civ., 18 juin 2026, n° 24-14.342, FS-B), la Cour de cassation...
SENSEI avocats distingué dans le classement des meilleurs cabinets d'avocats de FranceEn 2026, SENSEI avocats est distingué pour la cinquième année consécutive dans le classement du magazine Le Point « des meilleurs Cabinets d’avocats de France ».