Logement social : Amiante, documents administratifs communicables et SA HLM

Par un arrêt du 7 juin 2019, le Conseil d’Etat a estimé que les rapports et documents détenus par une société anonyme d’habitations à loyer modéré (SA HLM), relatifs à la présence d’amiante et aux mesures de contrôle effectuées dans des logements sociaux lui appartenant, constituent des documents administratifs communicables.

Le Conseil d’Etat rappelle d’abord que « s’agissant des documents détenus par un organisme privé chargé d’une mission de service public, seuls ceux qui présentent un lien suffisamment direct avec la mission de service public constituent des documents administratifs communicables en vertu de l’article L. 311-1 du code des relations entre le public et l’administration, sous réserve des dispositions de l’article L. 311-6 de ce code et notamment du respect des secrets protégés par la loi ».

La Haute juridiction affirme ensuite qu’ « une société anonyme d’habitations à loyer modéré constitue un organisme de droit privé qui, s’il n’a pas été doté de prérogatives de puissance publique, n’en remplit pas moins, eu égard à l’intérêt général de son activité, aux conditions de sa création, de son organisation et de son fonctionnement, aux obligations qui lui sont imposées et aux mesures prises pour vérifier que les objectifs qui lui sont assignés sont atteints, une mission de service public ».

En conséquence, le Conseil d’Etat confirme le caractère communicable de documents et rapports détenus par une SA HLM, ayant pour objet la recherche de la présence d’amiante dans un bâtiment de logements sociaux et les mesures de contrôle et de réduction d’exposition à cette substance, dès lors que de tels documents « se rapportent aux conditions d’habitat des personnes de ressources modestes ou défavorisées » et présentent donc un lien suffisamment direct avec la mission de service public relevant de la société propriétaire.

Il est enfin rappelé que la protection de la vie privée des personnes occupant les logements faisant l’objet de la demande de communication implique seulement l’occultation des mentions nominatives les concernant.

Sources et liens

À lire également

Droit de l'immobilier et de la construction
Sortir de l’indivision plus vite et à moindre risque : la loi choc du 7 avril 2026 pour débloquer les héritages figés
Promulguée le 7 avril 2026 et entrée en vigueur le lendemain de sa publication, la loi n° 2026‑248 simplifiant la...
Droit de l'immobilier et de la construction
Meublés de tourisme : l’État centralise, les communes reprennent la main
Les décrets des 19 mars 2026 marquent un tournant dans la régulation des meublés de tourisme avec la mise en...
Droit de l'immobilier et de la construction
Prescription biennale de l’action en fixation de l’indemnité d’éviction : deux arrêts jumeaux font sauter les filets de sécurité des locataires
Les deux arrêts rendus le 12 février 2026 par la troisième chambre civile de la Cour de cassation dans une...
Droit de l'immobilier et de la construction
Dispositif Jeanbrun : Le nouveau choc fiscal qui veut réconcilier les Français avec l’investissement locatif
Le dispositif Jeanbrun inscrit dans le projet de loi de finances pour 2026, institue un nouveau statut du bailleur privé...
SENSEI avocats distingué dans le classement des meilleurs cabinets d'avocats de FranceEn 2026, SENSEI avocats est distingué pour la cinquième année consécutive dans le classement du magazine Le Point « des meilleurs Cabinets d’avocats de France ».