Des constructions distinctes sur une même unité foncière peuvent faire l’objet d’autorisations distinctes

Par un arrêt du 28 décembre 2017, le Conseil d’Etat rappelle le principe de l’indivisibilité d’un ensemble immobilier unique, qui doit faire l’objet d’une seule autorisation de construire même lorsque l’ensemble est composé de plusieurs éléments, à moins que ceux-ci ne présentent une vocation fonctionnelle autonome.

Cet arrêt pose également le principe selon lequel des constructions distinctes, ne comportant pas de liens physiques ou fonctionnels entre elles, n’ont pas à faire l’objet d’un permis unique, mais peuvent faire l’objet d’autorisations distinctes, dont la conformité aux règles d’urbanisme est appréciée par l’autorité administrative pour chaque projet pris indépendamment.

Cet arrêt ne constitue pas un revirement, mais il vient éclaircir le régime de divisibilité des autorisations d’urbanisme dont la demande est déposée sur une même unité foncière.

Ainsi, il en ressort que :

  • Si les constructions composent un ensemble immobilier unique dont les éléments de construction ne présentent pas de vocation fonctionnelle autonome : une seule demande de permis de construire doit être déposée ;
  • Si les constructions composent un ensemble immobilier unique dont les éléments de construction présentent une vocation fonctionnelle autonome : plusieurs demandes de permis de construire peuvent être déposées, sous certaines conditions, mais les règles d’urbanisme sont appréciées à l’échelle du projet d’ensemble ;
  • Si les constructions envisagées sur une même unité foncière n’ont pas de liens physiques ou fonctionnels entre elles : plusieurs demandes de permis de construire peuvent être déposées puisque ces constructions ne composent pas un ensemble immobilier unique, et les règles d’urbanisme sont appréciées pour chaque projet pris indépendamment, c’est-à-dire sur la fraction d’unité foncière à laquelle est attachée la construction.
Sources et liens

À lire également

Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Aucune compétence liée du maire pour ordonner l’interruption de travaux entrepris sans autorisation d’urbanisme
Le Conseil d’Etat a jugé que le maire n’est pas en situation de compétence liée pour ordonner l’interruption de travaux...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Régularisation possible de la notification d’un recours administratif et effets sur la prorogation du délai contentieux
Le Conseil d’Etat a jugé que, si l’absence de notification d’un recours administratif peut être régularisée dans le délai de...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Pas de mise en demeure de régulariser des travaux, sans annulation du permis de construire !
Lorsqu’un permis de construire a fait l’objet d’un procès-verbal d’infraction aux règles locales d’urbanisme, le maire d’une commune ne peut...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Loi n°2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l’urbanisme et du logement : quelles évolutions pour le contentieux de l’urbanisme et pour les règles procédurales en matière d’autorisations d’urbanisme ?
La loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l’urbanisme et du logement comporte un certain...