Pas d’indemnisation des plus-values pour les expropriés

Par une décision du 2 mars 2022 la Cour de cassation réaffirme la position du Conseil constitutionnel selon laquelle, les changements de valeur du bien tels que les plus-values réalisées par l’expropriant en cas de revente, n’ont pas à être pris en compte dans la fixation de l’indemnité d’expropriation.

La société publique locale Terre d’innovation avait exproprié plusieurs parcelles appartenant aux consorts B.

Elle avait, par la suite et à court terme, revendu les biens expropriés au prix du marché lui permettant de réaliser une plus-value.

A ce titre, les expropriés avaient considéré que l’indemnité qui leur avait été accordée n’était pas « en rapport avec la valeur » de leur bien, et causait une atteinte disproportionnée à leur droit de propriété.

La cour d’appel de Lyon avait refusé de faire droit à cette demande en considérant que l’indemnité réparant la dépossession ne devait pas prendre en compte les plus-values réalisées par l’expropriant, lors de la revente des biens expropriés dans le cadre de l’opération d’urbanisme prévue.

Les requérants avaient alors formé un pourvoi en cassation, à l’appui duquel ils avaient soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (décision rapportée ici).

En s’alignant sur la position du Conseil constitutionnel, la Cour de cassation juge que « la plus-value, que devaient générer ces ventes en raison de l’opération d’utilité publique conduite par l’expropriant, n’avait pas à être prise en compte pour déterminer l’indemnité réparant la dépossession ».

En outre, elle reconnait que le juge n’a pas à procéder à un contrôle relatif à l’atteinte disproportionnée du droit au respect des biens.

Qu’en conséquence, la « privatisation des plus-values » revendiquée par les expropriés n’est pas en lien direct avec le préjudice résultant de la dépossession, et ne pouvait donc être indemnisée par le juge de l’expropriation.

Sources et liens

À lire également

Droit de l'action foncière
Expropriation : ZAC multi-sites, l’appréciation globale des réseaux suppose une desserte commune
Saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité transmise par la troisième chambre civile de la Cour de cassation (Cass. 3ème civ.,...
Droit de l'action foncière
Certificat d'urbanisme : le droit de préemption échappe à la cristallisation
Par un arrêt en date du 9 juin 2026 (Cour administrative d’appel de Marseille, 4ème chambre, 9 juin 2026, 24MA02429),...
Droit de l'action foncière
Expropriation pour abandon manifeste – Le Conseil constitutionnel valide la procédure simplifiée prévue par le CGCT
Par sa décision n° 2026-1200 QPC du 22 mai 2026, le Conseil constitutionnel s’est prononcé sur la conformité aux droits...
Droit de l'action foncière
Expropriation – L’indemnité pour perte de revenus locatifs peut être demandée pour la première fois en appel
Par un arrêt en date du 9 avril 2026 (Cour de cassation, Chambre civile 3, 9 avril 2026, n° 24-15.296,...
SENSEI avocats distingué dans le classement des meilleurs cabinets d'avocats de FranceEn 2026, SENSEI avocats est distingué pour la cinquième année consécutive dans le classement du magazine Le Point « des meilleurs Cabinets d’avocats de France ».