Pas d’indemnisation des charges en qualité de propriété en cas de travaux de reprise d’un bien en VEFA

Dans une décision du 11 juillet 2024, la Cour de cassation a précisé que l’acquéreur d’un bien vendu en état futur d’achèvement, affecté de désordres structurels et nécessitant des travaux de reprise, ne peut obtenir le remboursement des charges d’emprunt, de copropriété, ni des frais d’abonnement à l’électricité et au gaz, au motif que ces frais représentent la contrepartie de la propriété et ce, que le logement soit occupé ou non (Cass. civ., 11 juill. 2024, n° 23-17.733).

En l’espèce, une société de promotion immobilière avait construit un immeuble collectif d’habitation destiné à la vente en état futur d’achèvement.

L’un des acquéreurs, constatant des désordres dans son appartement, notamment un défaut de planéité dû au fléchissement des dalles, a sollicité une indemnisation pour ce préjudice.

La cour d’appel de Riom avait condamné solidairement la société de promotion immobilière et son assureur à indemniser cet acquéreur pour son préjudice de relogement pendant les travaux de confortation et de reprise des dalles litigieuses.

Toutefois, les juges de la cour d’appel avaient rejeté les demandes complémentaires de remboursement des charges d’emprunt, des charges de copropriété et des frais d’abonnement à l’électricité et au gaz.

Insatisfait, l’acquéreur a formé un pourvoi en cassation contre cet arrêt.

La Cour de cassation rejette le pourvoi, considérant que « les charges d’emprunt, les charges de copropriété et les frais d’abonnement à l’électricité et au gaz constituaient la contrepartie de la propriété, que l’appartement fût occupé ou non ».

La Cour ajoute que « les frais exposés à ces titres durant la période des travaux de reprise n’étant pas en lien direct avec les désordres ou faisant double emploi avec l’indemnité qui lui a été allouée en réparation de son préjudice de relogement sur cette même période ».

Ainsi, les demandes du requérant ne pouvaient être que rejetées.

Sources et liens

À lire également

Droit de l'immobilier et de la construction
Meublés de tourisme : l’État centralise, les communes reprennent la main
Les décrets des 19 mars 2026 marquent un tournant dans la régulation des meublés de tourisme avec la mise en...
Droit de l'immobilier et de la construction
Prescription biennale de l’action en fixation de l’indemnité d’éviction : deux arrêts jumeaux font sauter les filets de sécurité des locataires
Les deux arrêts rendus le 12 février 2026 par la troisième chambre civile de la Cour de cassation dans une...
Droit de l'immobilier et de la construction
Dispositif Jeanbrun : Le nouveau choc fiscal qui veut réconcilier les Français avec l’investissement locatif
Le dispositif Jeanbrun inscrit dans le projet de loi de finances pour 2026, institue un nouveau statut du bailleur privé...
Droit de l'immobilier et de la construction
Baux commerciaux et régularisation des charges : le retard du bailleur n’efface pas la dette du locataire
La Cour de cassation confirme que le retard du bailleur dans la régularisation annuelle des charges ne fait pas disparaître...
SENSEI avocats distingué dans le classement des meilleurs cabinets d'avocats de FranceEn 2026, SENSEI avocats est distingué pour la cinquième année consécutive dans le classement du magazine Le Point « des meilleurs Cabinets d’avocats de France ».