Le permis de construire modificatif prenant acte de la conformité du projet initial aux règles nouvellement applicables, constitue une mesure de régularisation

Par un arrêt du 28 janvier 2020, la Cour administrative d’appel de Lyon a jugé qu’une mesure de régularisation d’un permis de construire peut résulter d’un permis modificatif prenant acte de la conformité du projet aux règles d’urbanisme nouvellement applicables.

En l’espèce, un maire a délivré un permis de construire en vue de la construction d’un chalet et d’un abri de jardin, qui a toutefois été annulé. Le maire a alors, par un nouvel arrêté, délivré un permis de construire autorisant les mêmes travaux. Mais, cet arrêté a été également annulé par les juges du fond qui ont refusé de regarder ce permis comme un acte régularisant le permis initial.

Saisie à son tour et s’appuyant sur l’article L. 600-5-2 du code de l’urbanisme, la Cour administrative d’appel de Lyon rappelle que « lorsqu’un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l’utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l’illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d’un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l’exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises ».

La Cour indique ensuite qu’une telle régularisation par un permis de construire modificatif, peut intervenir si la règle relative à l’utilisation du sol qui était méconnue par le permis initial a été entretemps modifiée. Dans cette hypothèse, elle admet qu’un permis qui prend acte de la conformité du projet initial aux règles nouvellement applicables, constitue une mesure de régularisation.

Sources et liens

À lire également

Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Le certificat de permis tacite doit être refusé lorsque l’autorisation tacite a été retirée et ce alors même que ce retrait n’aurait pas acquis un caractère définitif
Par une décision du 13 juillet 2026 (Conseil d’Etat, 13 juillet 2026, 10e et 9e chambres réunies, Société La Fontaine...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
L’autorité administrative qui instruit la demande d’autorisation d’urbanisme doit être désintéressée et impartiale
Par une décision du 29 juin 2026 (Conseil d’État, 6ème – 5ème chambres réunies, 29 juin 2026, n° 496823) le...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Les décisions en matière d’autorisation d’urbanisme soumises aux exigences résultant d’un intérêt personnel du maire au projet et au principe d’impartialité
Le Conseil d’Etat a jugé que les décisions prises en matière d’autorisation d’urbanisme sont cumulativement soumises au respect de l’article...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Démolition impossible si mise en conformité réalisable et acceptée
Par une décision du 18 juin 2026 (Cass. 3e civ., 18 juin 2026, n° 24-14.342, FS-B), la Cour de cassation...
SENSEI avocats distingué dans le classement des meilleurs cabinets d'avocats de FranceEn 2026, SENSEI avocats est distingué pour la cinquième année consécutive dans le classement du magazine Le Point « des meilleurs Cabinets d’avocats de France ».