De la nécessité de faire dresser un document d’arpentage dans le cadre d’une procédure d’expropriation

C’est à la lumière des dispositions combinées de l’ancien article R. 11-28 du code de l’expropriation pour cause d’utilité publique (R. 132-1 et s.) et de l’article 7 du décret du 4 janvier 1955 portant réforme de la publicité foncière, que le Conseil d’Etat a estimé, dans son arrêt du 9 juillet 2018, que lorsqu’un arrêté de cessibilité déclare cessibles des parties de parcelles impliquant que soient modifiées les limites des terrains concernés, un document d’arpentage doit être préalablement réalisé afin que ledit arrêté de cessibilité désigne les parcelles concernées conformément à leur numérotation issue de ce document.

Dans cette affaire, le Préfet avait déclaré cessibles en urgence au profit d’une commune des immeubles bâtis ou non bâtis.

Le Tribunal puis la Cour administrative d’appel ont rejeté successivement le recours en annulation dirigé par les expropriés contre l’arrêté de cessibilité ainsi édicté.

Après avoir rappelé les dispositions précitées, le Conseil d’Etat, saisi à son tour du litige, souligne que l’arrêté déclarant cessibles les parcelles nécessaires à l’opération projetée ne prévoit l’expropriation que d’une partie seulement des emprises de chacune des deux parcelles appartenant aux requérants, et que cette circonstance caractérise, ainsi, la nécessité que soit établi un document d’arpentage.

La juridiction relève, également, que l’établissement d’un tel document constitue une garantie pour les expropriés dans le cadre d’une procédure d’expropriation, étant noté que le commissaire enquêteur avait préconisé dans son rapport de le faire réaliser.

Partant, la Haute Assemblée estime que son défaut d’accomplissement entache d’irrégularité l’arrêté de cessibilité.

Sources et liens

À lire également

Droit de l'action foncière
Expropriation : ZAC multi-sites, l’appréciation globale des réseaux suppose une desserte commune
Saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité transmise par la troisième chambre civile de la Cour de cassation (Cass. 3ème civ.,...
Droit de l'action foncière
Certificat d'urbanisme : le droit de préemption échappe à la cristallisation
Par un arrêt en date du 9 juin 2026 (Cour administrative d’appel de Marseille, 4ème chambre, 9 juin 2026, 24MA02429),...
Droit de l'action foncière
Expropriation pour abandon manifeste – Le Conseil constitutionnel valide la procédure simplifiée prévue par le CGCT
Par sa décision n° 2026-1200 QPC du 22 mai 2026, le Conseil constitutionnel s’est prononcé sur la conformité aux droits...
Droit de l'action foncière
Expropriation – L’indemnité pour perte de revenus locatifs peut être demandée pour la première fois en appel
Par un arrêt en date du 9 avril 2026 (Cour de cassation, Chambre civile 3, 9 avril 2026, n° 24-15.296,...
SENSEI avocats distingué dans le classement des meilleurs cabinets d'avocats de FranceEn 2026, SENSEI avocats est distingué pour la cinquième année consécutive dans le classement du magazine Le Point « des meilleurs Cabinets d’avocats de France ».