Urbanisme : Occupation illégale et Droit au respect de la vie privée et familiale

La Cour de Cassation a estimé que le juge ne pouvait ordonner l’enlèvement de caravanes implantées en méconnaissance du plan local d’urbanisme d’une commune sans examiner si cette mesure était proportionnée au regard du droit au respect de la vie privée et familiale et du droit au domicile de ses occupants.

En l’espèce, cinq caravanes, une construction sur revêtement de ciment à usage de cuisine et deux petits cabanons en tôle, occupés par des familles, étaient implantés sur un terrain en méconnaissance du plan local d’urbanisme de la commune, interdisant dans cet espace boisé classé comme zone naturelle l’implantation de caravanage, d’habitations légères de loisir et le stationnement de caravanes à l’usage de résidence principale ou d’annexe.

La commune a assigné les familles en référé pour obtenir l’enlèvement de ces installations.

Le juge des référés a ordonné l’enlèvement des caravanes et installations. Cette décision a été confirmée par la cour d’appel de Versailles, qui a estimé que l’article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et le droit au logement ne pouvaient faire obstacle au respect des dispositions du plan local d’urbanisme de la commune et du Code de l’urbanisme.

L’une des occupantes de l’une des caravanes a formé un pourvoi en cassation. La Cour de Cassation a censuré l’arrêt de la cour d’appel de Versailles, et fait application de la jurisprudence de Winterstein c. France (CEDH, 17 octobre 2013, Winterstein c. France, n° 27013/07), établissant que le juge était tenu de rechercher si les mesures d’enlèvement de caravanes étaient proportionnées au regard du droit au respect de la vie privée et familiale et du domicile de leurs occupants.

L’arrêt rendu par la cour d’appel de Versailles a été cassé, annulé, et l’affaire a été renvoyée devant cette cour composée autrement.

À lire également

Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 : pas de projet unique, pas de participation du public
Par une décision du 3 avril 2026 (CE, 1ère et 4ème chambres réunies, 3 avril 2026, n° 512270), le Conseil...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Précisions sur les conséquences devant être tirées d’un avis défavorable de l’ABF dans le cadre d’un projet mixte
Le Conseil d’Etat a précisé les conséquences devant être tirées d’un avis défavorable de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF)...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Compromis de vente et lotissement : le Conseil d’État sécurise le transfert de propriété
Le Conseil d’État a jugé que, pour bénéficier de l’arrêté de non‑opposition à déclaration préalable d’un lotissement, la condition relative...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Refus de certificat de permis tacite : un contentieux aligné sur celui des autorisations d’urbanisme dans les zones immobilières tendues
Par un arrêt en date du 2 mars 2026 (CE, 2 mars 2026, Commune de Hyères, n° 508188), le Conseil...
SENSEI avocats distingué dans le classement des meilleurs cabinets d'avocats de FranceEn 2026, SENSEI avocats est distingué pour la cinquième année consécutive dans le classement du magazine Le Point « des meilleurs Cabinets d’avocats de France ».