Urbanisme : Assimilation du sursis à statuer au refus de permis de construire

Le Conseil d’Etat a jugé qu’une décision de sursis à statuer doit être regardée comme un refus au sens des dispositions de l’article L. 600-2 du code de l’urbanisme.

Dans les faits, un particulier a déposé une demande de permis de construire un bâtiment destiné au stockage de fourrage sur un terrain dont il est propriétaire.

Le Maire de la commune de Beaulieu lui a opposé une décision de sursis à statuer sur le fondement du dernier alinéa de l’article L. 123-6 du code de l’urbanisme.

Le tribunal administratif de Montpellier a annulé cette décision au motif que la commune n’établissait pas qu’à la date du sursis à statuer, la révision du plan d’occupation des sols était suffisamment avancée, et a enjoint au Maire de réexaminer la demande.

A l’issue de ce réexamen, le Maire a pris un second sursis à statuer sur le fondement de la délibération du conseil municipal arrêtant le projet de plan local d’urbanisme de la commune, prise postérieurement au premier sursis annulé.

Le particulier a alors diligenté un contentieux à l’encontre de cette nouvelle décision.

En cassation, le Conseil d’Etat a estimé qu’il y a lieu d’appliquer les dispositions de l’article L. 600-2 du code de l’urbanisme aux décisions de sursis à statuer : la demande d’autorisation de construire confirmée par l’intéressé ne peut faire l’objet d’un nouveau sursis à statuer sur le fondement de dispositions d’urbanisme intervenues postérieurement à la date d’intervention de la décision annulée, sous réserve que l’annulation soit définitive et que la confirmation de la demande soit effectuée dans les six mois suivant la notification de l’annulation au pétitionnaire.

Il en résulte que le maire ne pouvait opposer à la demande de permis de construire une nouvelle décision de sursis à statuer sur le fondement de la délibération postérieure susvisée, quelle qu’en soit la durée.

Autrement dit, après l’annulation d’une décision de sursis à statuer, l’autorité chargée de réexaminer la demande d’autorisation d’urbanisme doit l’analyser en fonction des règles d’urbanisme applicables à la date de la première décision annulée.

Le sursis à statuer est ainsi assimilé à un refus de permis de construire.

Sources et liens

À lire également

Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Inopposabilité d’un arrêté de carence en logement sociaux au titulaire d’un certificat d’urbanisme obtenu antérieurement à l’intervention de cet arrêté
Par une décision du 1er octobre 2026 (CE, 2e et 7e chambres réunies, 1er octobre 2026, n° 503183, mentionnée aux...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Non-application du cahier des charges d’un lotissement à une commune cessionnaire des voies et espaces communs
Par une décision du 3 septembre 2026 (Cass. 3e civ., 3 sept. 2026, n° 24-16.968), la Cour de cassation affirme...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Permis de construire : pas de déclassement ni de transfert préalable de propriété obligatoire en cas d’emprise sur le domaine public
Par une décision du 10 août 2026 (CE, 2e chambre, 10 août 2026, n° 505413, Inédit au recueil Lebon), le...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Le Maire peut refuser un permis de construire sans avoir demandé les pièces manquantes
Par une décision du 3 août 2026 (Conseil d’Etat, 3 août 2026, n°497092, publié au recueil Lebon), le Conseil d’État...
SENSEI avocats distingué dans le classement des meilleurs cabinets d'avocats de FranceEn 2026, SENSEI avocats est distingué pour la cinquième année consécutive dans le classement du magazine Le Point « des meilleurs Cabinets d’avocats de France ».