Urbanisme : Non applicabilité de l’article L. 600-1-2 aux déclarations préalables de travaux

Par un arrêt en date du 11 avril 2017, la Cour administrative d’appel de Marseille est venue préciser le champ d’application de la notion d’intérêt à agir, au sens de l’article L. 600-1-2 du Code de l’urbanisme.

Aux termes de cet article, un recours pour excès de pouvoir formé par une personne privée physique ou morale (autre qu’une association) n’est recevable contre un permis de construire, de démolir ou d’aménager que si la construction, l’aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d’occupation, d’utilisation ou de jouissance du bien qu’elle détient ou occupe régulièrement.

Il résulte de la lettre même de l’article que ce dernier n’est pas applicable contre une décision de non opposition à une déclaration de travaux.

Ainsi, en présence d’un arrêté par lequel un Maire ne s’est pas opposé à une déclaration préalable de travaux, telle que prévue au nouvel article R. 421-17 du Code de l’urbanisme, tout requérant n’a pas à justifier d’une affectation directe dans les conditions d’occupation, d’utilisation ou de jouissance du bien qu’il détient ou occupe régulièrement.

Partant, la question se pose de savoir comment le juge administratif a apprécié l’intérêt à agir dans une telle situation.

Dans cette affaire, le juge a pris en considération la qualité de propriétaire de plusieurs lots de la copropriété du requérant mais également la circonstance que les travaux déclarés concernaient une modification de l’aspect extérieur de l’immeuble.

Cette jurisprudence vient confirmer le particularisme de la déclaration préalable de travaux et le régime spécifique auquel elle est soumise.

Sources et liens

À lire également

Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Inopposabilité d’un arrêté de carence en logement sociaux au titulaire d’un certificat d’urbanisme obtenu antérieurement à l’intervention de cet arrêté
Par une décision du 1er octobre 2026 (CE, 2e et 7e chambres réunies, 1er octobre 2026, n° 503183, mentionnée aux...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Non-application du cahier des charges d’un lotissement à une commune cessionnaire des voies et espaces communs
Par une décision du 3 septembre 2026 (Cass. 3e civ., 3 sept. 2026, n° 24-16.968), la Cour de cassation affirme...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Permis de construire : pas de déclassement ni de transfert préalable de propriété obligatoire en cas d’emprise sur le domaine public
Par une décision du 10 août 2026 (CE, 2e chambre, 10 août 2026, n° 505413, Inédit au recueil Lebon), le...
Droit de l'urbanisme et de l'aménagement
Le Maire peut refuser un permis de construire sans avoir demandé les pièces manquantes
Par une décision du 3 août 2026 (Conseil d’Etat, 3 août 2026, n°497092, publié au recueil Lebon), le Conseil d’État...
SENSEI avocats distingué dans le classement des meilleurs cabinets d'avocats de FranceEn 2026, SENSEI avocats est distingué pour la cinquième année consécutive dans le classement du magazine Le Point « des meilleurs Cabinets d’avocats de France ».